Etre membre d’un CODIR ou dirigeant d’une entreprise renvoie à 2 contraintes majeures ; la solitude d’une part et la difficulté à faire preuve de vulnérabilité dans l’environnement professionnel d’autre part. Evoquer sa vulnérabilité et partager ses émotions quand on est membre du comité de direction n’est pas toujours possible. Cela peut même parfois être perçu, dans certaines organisations, comme une difficulté à tenir ses fonctions. Quand aux dirigeants, l’enjeu est encore plus fort : comment lever le pied quand l’entreprise nous appartient ou quand des dizaines de salariés dépendent de nous ?
Pour ces raisons, la plupart des dirigeants ne disent rien et poursuivent leurs efforts qui peuvent parfois les mener jusqu’à un épuisement dangereux pour leur santé.

La moitié des cadres interrogés par une étude de pole emploi (*) estime avoir déjà fait un Burn-out. Considérée comme une maladie professionnelle par la plupart des cadres,
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour autant ne partage pas ce point de vue : si le burn-out est considéré comme un « phénomène lié au travail », il n’est pas une maladie professionnelle.

Une des pistes possible pour comprendre cette prise de position est que notre manière de réagir à un environnement similaire est différente en fonction de notre personnalité. Certains médecins disent parfois que le burn-out est la maladie des gens trop sérieux et trop fortement impliqués. Finalement, qu’est-ce qui est entre nos mains pour stopper le processus et ne jamais franchir le cap après lequel il n’est plus possible de revenir en arrière ?

Le coaching est une des pistes possibles à certain stade de l’épuisement. La psychothérapie et la médecine sont deux autres pistes à privilégier en fonction de l’intensité de l’épuisement.

Le Dr M. Delbrouck, P. Venara, F. Goulet et R. Ladouceur définissent quatre stades de gravité du syndrome d’épuisement professionnel dans leur ouvrage « comment traiter les burn-out, 2ème é, De Boeck Sup, 2021 ».
Le stade 3 est une frontière où la personne risque réellement de tomber en burn-out. Dès que le stade 3 est franchi, une prise en charge médicale est indispensable. En amont, en particulier sur le stade 1 et 2, le coaching se révèle un outil formidable de prévention du burn-out. Parfois, une psychothérapie en parallèle du coaching offre une puissante complémentarité.

Stades-du-burn-out-des-membres-du-codir-et-des-dirigeants

Comment le coaching de dirigeant peut limiter les risques de basculer irrémédiablement vers un stade de burn-out avancé ?

 

1. Accepter et voir la réalité en face :

En tant que coach de dirigeant, il m’arrive d’entendre des phrases comme « je suis au bout du rouleau, je ne dors plus, je suis crevé mais je n’ai pas le choix et ça va aller, j’ai l’habitude, je gère ». Sans alarmer inutilement, le coach de dirigeant a la responsabilité d’aider à la prise de conscience et à l’acceptation de ce que l’on ne veut parfois pas entendre.

2. Comprendre ce qui se passe :

Le coaching de dirigeant permet de comprendre ses réflexes comportementaux, ses croyances personnelles, ses valeurs et besoins qui peuvent nous mettre en danger : Pensons-nous que parce-que nous travaillerons 16 heures par jour, nous délivrerons plus ou que nous serons mieux vu… Sommes-nous persuader que nous n’avons pas d’autre choix ? Quel besoin personnel satisfaisons- nous en ne posant pas de limite, quelle valeur nourrissons nous quand nous acceptons de travailler le dimanche, pendant les vacances ou la nuit de manière systématique ?

3. Ajuster ses comportements :

Plus en conscience des bonnes raisons et motivations profondes de nos comportements, le coaching de dirigeant permet aux membres du CODIR et dirigeants de prendre du recul et de la hauteur et de mobiliser leurs ressources pour agir différemment sans renoncer à la logique de performance liée à leurs fonctions. Protection de sa santé, performance et dépassement de soi au travail ne sont pas incompatibles !